Aux frontières de la honte

Alors que les dirigeants haytiens continuent leur folle course vertigineuse vers la richesse facile en torpillantinfatigablement le Trésor public, nombreux sont les Haytiens et Haytiennes bloqués dans plusieurs frontières des Amériques.

Devenue malheureusement la terre de la grande désespérance, Hayti est à présent pour ses fils et filles un espace de transit. Un lieu où la peur et la désinvolture dominent inexorablement.

La suite après cette publicité

Voulant vivre sous d’autres cieux, il semble que ce peuple soit à même de faire quasiment n’importe quoi pour quitter cet enfer sciemment construit, orchestré par les élites répugnantes en complicité avec les dirigeants irresponsables haytiens dans leur gestion chaotique de cette société disloquée.

Fuyant la misère, l’insécurité, les inégalités sociales, la violation des droits de la personne humaine et le règne des (bandi legal), bandits jouissant l’allégeance des plus hautes autorités d’Hayti, les Haytiens sont forcés de quitter leur pays d’origine à la recherche d’un autre soleil. D’une autre vie.

Méprisés, abandonnés, piétinés, humiliés et oubliés, ces êtres humains ne savent à quel saint se vouer.

Malgré les 10 milliards de dollars américains mis à la disposition des manitous de la CIRH – Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Hayti chargée de reconstruire le pays après le meurtrier séisme du 12 janvier 2010, malgré également les 4 milliards de dollars américains tirés du fond PetroCaribe étrangement gérés par les gouvernements haytiens des 10 dernières années, malgré les prêts, les dons, le peuple haytien devient plus appauvri. Rien n’a été fait au cours des 10 dernières années pour l’amélioration des conditions sociales d’existence des Haytiens.

Pas de banque de développement, pas de campus universitaires, pas d’amphithéâtre, pas de stade, pas d’autoroute, pas de création de richesses, pas de logements sociaux, par de crédit pour les jeunes, pas d’emploi, pas plan de développement, pas de crédits agricoles… La population est livrée à elle-même. Pourtant ceux et celles qui prétendent diriger ce pays vivent dans le luxe avec les maigres ressources financières restant du pays.

Entre promesses farfelues des candidats pendant les campagnes électorales, l’ignorance des décideurs et la manipulation médiatique (faisant oublier les problèmes sociaux), les Haytiens sont perdus.

Multiplication d’échecs. Réapprovisionnement en carburants de malheur. Réédition de la bêtise. Volonté manifeste de fédérer les bandits armés. Promotion pour la corruption. C’est un pays en voie de disparition rapide.

Pour l’instant, bloqués dans les frontières mexicaines et américaines attendant d’être arrêtés par les gardes côtes américaines, les migrants haytiens n’ont que leur courage à offrir. Leur seule destination: toucher la terre promise, les États-Unis. Mais après tout, considérant l’implication des États-Unis dans la gestion calamiteuse de la chose publique haytienne, cet échec haytien doit être partagé.

En dépit de la démission des élites haytiennes et les dirigeants sans scrupule ne pensant qu’à la richesse, la communauté internationale a sa part de responsabilité dans ce chaos existentiel.

Une situation alarmante. Les médias internationaux font le zoom sur la situation. Mais jusque-là, du côté haytien, comme d’habitude, c’est quasiment le silence plat.

Par rapport à cette situation dramatique et honteuse, jusque-là, il n’y a que deux réactions connues des autorités haytiennes:

1. Un tweet de l’Ambassadeur d’Hayti à Washington, M. Edmond BOCCHIT qui a publié en créole haytien ce qui suit: «Ambasad la ap suiv avèk la pèn tribilasyon Frè ak Sè nou yo anba pon nan fwontyè peyi Meksik ak Etazini.Nou deja ekri Otorite amerikèn @DHSgov sou ka sa e nou ap travay ak kèk òganizasyon kap sipòte imigran yo pou nou asire ke dwa ak diyite yo respekte ak yon trètman selon la lwa.» M. BOCCHIT fait savoir que l’Ambassade qu’il dirige suit non sans peine la tribulation des frères et soeurs haytiens sous le pont entre Mexique et États-Unis. Et comme mesure, l’Ambassadeur dit déjà écrire aux autorités américaines et travailler avec des organisations supportant les migrants pour surveiller au respect du droit et de la dignité de ces personnes.

Une véritable blague de M. Edmond BOCCHIT qui sait très bien ces milliers d’Haytiens ont quitté le pays l’État dont il représente aux États-Unis n’a janais ttavaillé pour le respect des droits et de la dignité des Haytiens. Il suffit de visiter Champs-de-Mars, à quelques mètres du Palais National ou encore les périmètres de la Primature et du Parlement haytien au Bicentenaire. À rappeler, le pouvoir que M. Edmond BOCCHIT représente a organisé plusieurs massacres dans des quartiers populaires dont La Saline, Bel’Air, etc. Comment demander de respect le droit et la dignité des Haytiens bloqués dans les frontières de deux pays alors que dans leur pays d’origine vous ne faites que la sale politique en fédérant les bandits, en dilapidant les fonds PetroCaribe qui pouvaient améliorer les conditions de vie de ces personnes…?

2. Et un message sur Facebook du Dr Ariel HENRY, Premier ministre de facto haytien qui, de son côté, promet«…un meilleur accueil à leur retour dans le pays… [tout en les souhaitant…] bienvenue chez eux.» À rappeler que M. HENRY est ancien Ministre des Affaires sociales et du Travail qui n’a aucun bilan.

Selon Actu Orange, «Les ressortissants de ce pays pauvre et instable forment toujours une minorité des arrivées aux Etats-Unis, mais leur nombre augmente depuis plusieurs mois.

– « Alarmant » –

De nombreux Haïtiens ont quitté leur pays après le tremblement de terre de 2010 (qui avait fait plus de 200.000 morts) et s’étaient installés en Amérique latine, notamment au Brésil. Mais trouver du travail et renouveler un permis de séjour est devenu compliqué pour des milliers d’entre eux qui ont mis le cap vers le nord.

« Je veux poursuivre ma route car j’ai une soeur à Miami et une autre aux Pays-Bas », a raconté Domingue Paul, un Haïtien de 40 ans qui a vécu cinq ans au Chili, croisé récemment par l’AFP à Tapachula au Mexique.»

Iléus PAPILLON
Licencié en Sociologie des Migrations / FE / UEH

Bouton retour en haut de la page