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Procès civil à New York: Trump s’est-il trompé ?

Donald Trump, l’ancien président des États-Unis, est de retour sous les feux de la rampe alors qu’il fait face à un procès civil majeur à New York. Accusé de vastes fraudes financières présumées, il a fait une réapparition remarquée dans la salle d’audience, en réitérant ses attaques contre le système judiciaire, même si ses juges ont limité sa liberté de parole.

« C’est un procès truqué », a-t-il déclaré devant les caméras juste avant d’entrer dans la salle d’audience, insistant sur le fait qu’il était victime d’un complot orchestré par les démocrates pour l’empêcher de revenir à la Maison Blanche en 2024.

Trump a pointé du doigt Washington comme étant à l’origine de toutes les accusations portées contre lui. En raison de ses déclarations virulentes, il a été contraint de restreindre ses commentaires sur ses affaires judiciaires dans plusieurs dossiers. Il a particulièrement critiqué la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, à l’origine des poursuites, allant jusqu’à dire qu’elle « ne devrait pas être autorisée à être procureure générale » et la qualifiant d' »horrible ».

La veille de son retour au tribunal, la juge Tanya Chutkan, responsable de son procès fédéral à Washington pour ses tentatives présumées d’inverser les résultats de l’élection présidentielle de 2020, lui a interdit de faire des commentaires publics visant les procureurs, le personnel du tribunal et les témoins, en raison des risques de menaces, d’intimidation et de harcèlement en ligne.

Le milliardaire de 77 ans s’est assis entre ses avocats pour écouter le témoignage de témoins clés lors du 12e jour du procès. La procureure générale l’accuse, ainsi que deux de ses enfants, Eric et Donald Jr, d’avoir surévalué de plusieurs milliards de dollars les actifs de la Trump Organization dans les années 2010 afin d’obtenir des prêts plus avantageux auprès des banques, une accusation qu’il nie catégoriquement.

Doug Larson, un ancien directeur de l’entreprise immobilière Cushman & Wakefield, a confirmé lors de son témoignage que la valeur du « 40 Wall Street », un gratte-ciel de 72 étages, avait été surévaluée de 195 millions de dollars dans les déclarations financières du camp Trump en 2015.

Pour Donald Trump, les enjeux sont considérables. Outre le contrôle de son empire économique, il risque des pénalités financières pouvant atteindre 250 millions de dollars. Avant même le début du procès, le juge Arthur Engoron a établi que des fraudes répétées étaient avérées, et que les actifs de Trump avaient été surévalués de façon significative entre 2014 et 2021, ce qui a entraîné des mesures de confiscation et de liquidation d’entreprises, potentiellement menaçantes pour l’empire immobilier de Trump. Cependant, ces mesures ont été suspendues en appel.

L’ancien président avait attaqué avec virulence Letitia James, le juge Arthur Engoron, et même la greffière, s’attirant une réprimande et l’interdiction de tout commentaire sur l’équipe du magistrat.

Son propre témoignage devrait intervenir plus tard au cours du procès, qui est prévu pour durer jusqu’à Noël.

Le retour de Donald Trump à son procès civil a suscité des attentes d’un affrontement explosif avec son ancien avocat devenu son ennemi juré, Michael Cohen, dont les déclarations devant le Congrès en 2019 ont déclenché cette affaire. Cependant, le témoignage de Cohen a été reporté pour des raisons médicales.

Le milliardaire républicain prévoit également d’être présent aux audiences de mercredi et jeudi, après avoir participé à deux meetings en Iowa, laissant entrevoir sa possible campagne pour les primaires républicaines, où il figure en tête des sondages.

Quatre procès au pénal attendent l’ancien président, dont le premier doit débuter le 4 mars devant la justice fédérale à Washington, la veille d’une importante date des primaires républicaines, le « Super Tuesday, » qui concerne une quinzaine d’États. Donald Trump est incontestablement au cœur de l’actualité judiciaire, et son avenir politique reste incertain.

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