Haïti : 878 217 électeurs enregistrés, mais le calendrier électoral reste incertain

À moins de deux mois de la date initialement annoncée pour les élections générales, le Conseil électoral provisoire (CEP) fait état de 878 217 électeurs inscrits au 23 octobre 2026. Malgré les avancées enregistrées dans le processus d’inscription et la réception de milliers de candidatures, l’incertitude persiste autour de la tenue du scrutin, à la suite de l’adoption d’un nouveau décret électoral.
Selon le bilan publié le 25 octobre, le CEP dispose de 1 306 centres d’inscription et de vote, avec 2 853 agents chargés du registre électoral et 4 643 agents de sécurité mobilisés. Parallèlement, l’institution a reçu 4 577 dossiers de candidature, dont 27,7 % présentés par des femmes, alors que la période d’inscription des candidats doit prendre fin le 31 octobre. Toutefois, l’adoption d’une troisième version du décret électoral par le gouvernement, le 5 octobre, a rendu nécessaire une révision du calendrier. Le Conseil attend les conclusions de ses consultations avec les représentants des partis politiques et de la société civile avant de fixer de nouvelles échéances.
Au-delà des chiffres, plusieurs défis restent à relever pour rendre possible l’organisation du scrutin. La finalisation de la liste électorale, le recrutement et la formation du personnel électoral, l’acquisition des équipements nécessaires ainsi que la mise en place des bureaux de tabulation figurent parmi les tâches encore en attente. La sécurité constitue également une préoccupation majeure, dans un contexte où les autorités doivent garantir des conditions favorables au déroulement des opérations électorales. Le CEP poursuit, en outre, sa coopération avec des partenaires internationaux et étudie la possibilité de mettre en place une expérience pilote permettant à des Haïtiens vivant à l’étranger de participer au vote.
Deux ans après son installation, le CEP affiche des progrès dans la préparation des élections, mais les données relatives aux inscriptions ne suffisent pas à garantir la tenue du scrutin. Entre incertitudes institutionnelles, contraintes logistiques et défis sécuritaires, la crédibilité du processus dépendra désormais de la capacité des autorités à établir un calendrier réaliste et à réunir les conditions nécessaires à des élections inclusives, crédibles et transparentes.