Kenscoff : après 230 millions de gourdes engagés, la stratégie sécuritaire de la PNH à nouveau contestée

Dix-neuf mois d’opérations policières et quelque 230 millions de gourdes mobilisés : à Kenscoff, le bilan présenté par Gilbert Darbensky suscite de nouvelles interrogations sur l’efficacité de la réponse sécuritaire de l’État. Le directeur exécutif de l’Ordre des défenseurs des droits humains estime que les résultats obtenus ne sont pas à la hauteur des moyens engagés. Après la récente attaque meurtrière dans la commune, il appelle à revoir le budget consacré à la Police nationale d’Haïti et réclame une réforme de sa chaîne de commandement.
Pour Gilbert Darbensky, les événements récents à Kenscoff illustrent les limites d’un dispositif sécuritaire qui peine à garantir durablement la protection de la population. Il estime qu’une analyse approfondie des dépenses engagées permettrait de déterminer si les ressources affectées aux opérations policières sont utilisées de manière efficace. Le responsable de l’organisation de défense des droits humains ne se limite toutefois pas à la question budgétaire. Il plaide également pour des changements au sein de la hiérarchie de la PNH, alors que les attaques répétées continuent de mettre à rude épreuve les capacités des forces de sécurité.
Derrière la polémique sur les 230 millions de gourdes, une question demeure : comment expliquer que des moyens aussi importants puissent être mobilisés sans parvenir à rétablir durablement la sécurité à Kenscoff ? Pour Darbensky, la réponse passe par une remise à plat des priorités, des dépenses et du commandement. La population, elle, attend surtout des résultats concrets sur le terrain.