Crise en Haïti : Me Samuel Madistin alerte sur un « vide dangereux » et responsabilise les anciens conseillers de Jovenel Moïse

Obligatoirement il faut qu'il y ait en urgence un cadre légal pour la gestion de la période de crise, plaide Me Samuel Madistin

Moins de 24 heures après l’assassinat du président Jovenel Moïse, une grande lutte pour le pouvoir s’éclate : Un premier ministre ad intérim, assurant la continuité de l’État et un Premier ministre nommé sont à couteaux tirés pour la commande de la Primature. Hier, 28 juillet 2021, un secrétaire du conseil des ministres désapprouve l’autorité d’un chef de gouvernement. Me Samuel Madistin, par voie de presse, ce 29 juillet 2021, signale que la population est en présence d’un vide dangereux. Pour lui, avant toute autre démarche visant à résoudre la crise, il faut qu’il y ait d’abord un cadre de référence pour la gestion de la période de crise.

Le Porte-parole de l’organisation de défense des droits humains « Fondasyon Je Klere », Me Samuel Madistin enchaîne en expliquant qu’au sein dudit cadre légal, la durée de la Transition, les limites des pouvoirs, les missions du gouvernement provisoire seront déterminées, c’est comme la constitution de la Transition.

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« Nous sommes en présence d’un pouvoir arbitraire qui n’a aucune base légale. À partir de quelle référence légale, parlez-vous ? Vous êtes ridicule en avançant des références constitutionnelles, tance l’homme de loi en pointant du doigt en direction du secrétaire du conseil des ministres, M. Rénald Lubérice.

« En absence du parlement, il ne devrait pas y avoir de Premier ministre. Voilà, actuellement, il y a un Premier ministre pourtant le parlement est inexistant, argumente l’ancien sénateur. C’est un contexte exceptionnel où les règles ne sont pas applicables donc un consensus entre les forces morales de la société civile, de différents secteurs et les acteurs politiques, devient la seule voie de recours », propose l’ancien candidat à la Présidence, en poursuivant.

« Tous les conseillers du président Jovenel Moïse ont une responsabilité morale dans l’assassinat du chef de l’État, soutient Me Madistin. Ce sont leurs conseils illégaux, arbitraires qui ont favorisé l’amorce conduisant au crime, argue-t-il ».

Comment se fait-il que tous les conseillers du président Jovenel Moïse soient toujours en poste malgré le décès du président ? Ils continuent de donner des conseils à qui ? souligne le défenseur des droits de l’homme, interrogativement.

« Imaginons que le Premier ministre Ariel Henry soit décédé. On va procéder
comment pour le remplacer ? continue de questionner le membre du Barreau de Port-au-Prince. Ce ne sont pas seulement les institutions publiques qui sont inexistantes, les institutions sociales aussi sont dysfonctionnelles. C’est un pays en état de déliquescence générale, affirme Me Samuel Madistin ».

C. E/Image7

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