Assassinat de Jovenel Moïse : le juge Gary Orélien désigné pour l’instruction, des militants des droits de l’homme montent au créneau

Après que le juge Mathieu Chanlatte s’est déporté le 13 Août dernier, de l’instruction de l’affaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse sans avoir commencé. Une semaine après, le juge Gary Orélien est désigné par le Doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Bernard Saint-Vil, pour instruire ledit dossier. Le directeur exécutif du réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance et le secrétaire général du Centre d’analyse et de recherche en droits de l’homme (CARDH), Me Gédéon Jean, au cours de deux interventions médiatiques différentes, soulignent, ce 24 Août 2021, que le juge Gary Orélien n’a aucune expérience en matière d’instruction, qu’il est fraîchement nommé comme juge d’instruction.

« Ce juge n’a pas encore pris siège, il n’a pas encore traité même un dossier. Certes, il n’est pas connu mais un juge non populaire peut être expérimenté, argue Pierre Espérance. D’ailleurs, il devrait être nommé avant comme juge de siège mais illégalement ils l’ont nommé juge instructeur », poursuit-il.

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En ce qui concerne l’assurance du bon déroulement de l’instruction de l’affaire de l’assassinat du président Jovenel Moïse, Pierre Espérance confie qu’il est très inquiet.

« On a donné le dossier de l’assassinat d’un président à un juge récemment nommé. Sa nomination a moins d’un mois. Il était substitut commissaire du gouvernement à Saint-Marc, à Croix-des-Bouquets. Je ne crois pas qu’il a déjà traité un dossier », regrette Me Gédéon Jean.

« C’est un dossier dans lequel un ancien formateur de la DEA est impliqué ainsi que des Colombiens. C’est une agence américaine qui avait recruté les Colombiens. Il faut considérer les circonstances de l’assassinat, l’aspect géopolitique de l’affaire, qui renvoient à des règles de droit, à des règles de procédure particulières, argumente le responsable du CARDH.

Me Gédéon Jean rappelle le dossier de l’assassinat du bâtonnier Dorval, l’affaire Duvalier avant d’indiquer que la justice haïtienne n’a pas traité depuis longtemps un dossier emblématique. D’après lui, Me Gary Orelien n’est pas à la hauteur pour traiter le dossier qu’on lui a confié.

« Plus loin il va présenter sa démission. S’il a déjà un visa, il va faire une demande d’asile. La suite ne va pas être autrement », prédit l’avocat avec certitude.

Selon Pierre Espérance, le dossier de l’assassinat du président Jovenel Moïse doit être livré à un juge de grande personnalité, expérimenté, qui a de la conviction, qui se sert de la loi comme boussole, qui ne va pas faire trainer le dossier en vue de commettre des persécutions politiques.

C. E /Image7

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