Un rapport tout en rose du BINUH et du Secrétaire général de l’ONU sur Haïti

Comme veut la résolution codée 2477 (2019) créant le bureau intégré des Nations Unies( BINUH) dans laquelle le Conseil de sécurité a exigé un rapport chaque 120 jours du secrétariat général de l’ONU, le SG de l’ONU António Guterres, a communiqué via le BINUH, le 11 février 2021, son dernier rapport trimestriel. À travers neuf points dont, « politique et bonne gouvernance, sécurité et État de droit, services sociaux de base et résilience des ménages », y compris des observations, le SG s’est vanté d’un ensemble de travaux du BINUH laissant croire qu’Haïti est sur la voie du développement tout en présentant une Haïti différente de celle que vivent les Haïtiens.

Après une mise en contexte introduisant le rapport, la mission de l’institution et un compte-rendu de la Covid-19 en Haïti ont été mentionnés, le cap a été mis sur la tenue d’un référendum et des élections pour tous les postes électifs.

Le secrétaire général veut faire croire que le président Jovenel Moïse est innocent dans la crise actuelle. Les groupes politiques et groupes de la société civile qui défendaient la thèse que le mandat du président Moïse a pris fin le 7 février dernier ont une polarisation persistante, a-t-il argumenté.

Suivant le calendrier électoral, la tenue des élections prévues le 19 septembre prochain pour les législatives et la présidentielle, le 21 novembre pour les municipalités se feront sans doute en fonction du résultat du référendum qui doit se tenir le 25 avril 2021, a analysé le secrétaire général António Guterres.

En ce qui concerne la lutte contre la violence de proximité, le secrétaire général de l’organisation des nations unies fait état du phénomène de l’insécurité en Haïti, les cas de kidnapping, les manifestations, entre autres. « Cette situation a contraint les autorités haïtiennes à prendre des mesures énergétiques pour contrer l’escalade de la criminalité liée aux bandes organisées », peut-on lire dans le rapport.

« Les prisons haïtiennes comptent 11 634 détenus, dont 373 femmes, 230 garçons et 18 filles. 80% de ces détenus sont en attente de jugement au 19 janvier 2021, a souligné le secrétaire général en parlant de sécurité et État de droit en Haïti ».

Pour ce qui a trait aux droits de l’homme, selon le Secrétaire général de l’ONU et le BINUH cette situation, en Haïti est restée marquée par l’activité des bandes organisées et l’incapacité persistante de l’État à garantir le droit à la vie et à la sécurité des citoyens.

« Entre le 1er septembre 2020 et le 31 janvier 2021, 317 atteintes présumées aux droits humains par des hommes armés non identifiés. 15 cas de viol sur des femmes, 215 enlèvements dont 32 femmes, 8 garçons et 9 filles. Du 1er septembre 2020 au 15 janvier 2021, 47 personnes sont décédées en détention », a rapporté le BINUH.

Plus loin dans le rapport du SG, le bureau intégré des Nations Unies en Haïti ( BINUH), dit avoir constaté l’immobilité de l’enquête sur l’assassinat de Me Monferrier Dorval. Ladite institution prône la réalisation d’élections dans les prochains mois, en vue de restaurer, dit-elle, la démocratie et d’accroître la stabilité à long terme.

En pleine crise sociopolitique, l’organisation des nations unies a renouvelé son engagement de continuer à contribuer à la stabilisation et à la prospérité d’Haïti. Le secrétaire général en a profité pour saluer sa représentante spéciale pour Haïti, Mme Helen Meahger La Lime à la tête du BINUH.

En absence de ces nombreuses instances de l’ONU, Haïti aurait-elle connu pire ou ces structures ont pleinement échoué ?

C. E/Image7

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