Libération de bandits : entre la PNH et la Justice, à qui le tort ? Me Jean Wilner Morin fait le point

En analysant la problématique des détenus parfois des bandits libérés au tribunal sans grands débats, le président de l’association nationale des magistrats haïtiens(ANAMAH), Me Jean Wilner Morin, ce 28 décembre 2020, explique dans la presse que le problème se pose depuis les rédactions des rapports de police. Le Magistrat, dans la lignée, ne nie pas l’existence des pratiques de pots-de-vin dans le système judiciaire.

Des personnes qui savent bien rédiger des rapports de police, il n’y a pas cette spécialité dans les commissariats, hors c’est le premier pas, avance Me Jean Wilner Morin.

Prenons l’étape de la présentation des pièces à conviction, argumente le Magistrat. « Parfois, elles sont gardées dans le parquet, des policiers ont l’habitude de les capturer ou elles sont restées au commissariat, détaille-t-il, tout en mentionnant qu’au tribunal, l’avocat de l’accusé évoquera tous ces détails et le juge ne pourra pas décider autrement, sinon, ce serait un abus d’autorité ».

Pour Me Jean Wilner Morin, les changements des policiers expérimentés dans les commissariats pour faire place à des policiers peu expérimentés, parfois fraîchement gradués, font partie du problème, analyse-t-il. Ce sont des jeunes qui n’ont pas d’expérience, qui ne savent pas comment rédiger un rapport de police et ceci est favorable à la libération du détenu », continue-t-il.

Par ailleurs, le professionnel du droit plaide pour l’indépendance des juges. La Constitution de la République consacre l’indépendance du pouvoir judiciaire, mais les magistrats ne sont pas indépendants, sinon pourquoi dépendent-ils d’un mandat de l’Exécutif, fustige le responsable de L’ANAMAH. Le juge doit avoir la possibilité de faire carrière dans le système judiciaire suivant la compétence et autres critères légaux, poursuit-il.

C. E/Image7

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